Les hordes

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On les a vu venir hordes costumées
D'horizons poisseux d'où elles étaient tenues
Envahisseurs douteux aux manières trop crues
Ne sachant retenir leur verbe carnassier,
Des armées de moi je d'abord personnellement
Aux faces grotesques des richesses avilies
Où le mot et le geste servent la philosophie
D'un nombrilisme étroit où l'on parle que d'argent.

Ils se dressent maintenant si laids si cupides
Et dévastent le monde sans le moindre regard
Le mépris immonde porté en étendard
Le cynisme écœurant l'arrogance splendide,
Insidieuse logique enseignée en morale
Aux frontons des écoles maintenant rénovés
La violence en obole par l'argent déifié
La monnaie pour unique valeur capitale.

Sauterelles vampiriques assoiffées de pouvoir
Affublées de dollars et discours bien rodés
De fables et histoires de travail et de gloire
D'un air angélique légèrement putassier,
Ils tiennent nos futurs par des bouts de papiers
Ces fous de Brognard et spéculateurs savants
A ce jeu du pouvoir nous nous laissons flatter
Par de belles ordures et seront les perdants.

On les a vu venir mais nous avons sombré
Sous le poids de l'aisance et de notre propre faiblesse
De ne pas avoir su lire ailleurs qu'à la télé
Enfin de n'avoir su montrer que nos détresses.
Dans ce monde sans repères je décide d'être moi
De profiter du temps qui passe simplement
J'ignore ces manières et ne voudrai décemment
Etre de ce onde et pour l'honneur je leur fait… ce bras !!
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